Au Cameroun, certaines tribus disposent d’un cercle appelé communément secte ou société secrète dont les pratiques laissent quelquefois les habitants apeurés.

« On l’a vendu dans le « famla». C’est l’une des phrases que les camerounais prononce régulièrement.  Toute mort suspecte ou maladie sortant quelque peu de l’ordinaire est tout de suite taxée de sorcellerie ou de secte. Cette réalité est issue des rites et coutumes des différentes tribus que compte le Cameroun. Cette assertion, montre un Cameroun façonné par une prépondérance de surnaturel : enfants, on grandit tous avec la peur des autres tribus pour leurs pratiques. Les Douala sont complices des esprits des eaux, qu’ils magnifient pendant le Ngondo. Le Bassa ‘a pratiquent le Mesong, les pygmées parlent aux esprits des animaux tandis que les Bamilékés font le culte des crânes et parlent à leurs ancêtres. Leurs notables et chefs traditionnels sont des magiciens en puissance. Dans les différentes régions du Cameroun on y retrouve de diverses manifestations.

Louis Perrois et Jean-Paul Notué ont écris dans Rois Et Sculpteurs de L’Ouest Cameroun : La Panthère Et La Mygale « Chez le Bamiléké, la croyance au « Famla », est liée à un arbre appelé « jau » qui pousse en brousse et qui a la possibilité de se déplacer. Toute personne voulant en être membre devra en possédé un lambeau d’écorce » expliquent-t-ils. Il gagnera beaucoup plus d’argent à condition de livrer 9 personnes de sa famille. Aussi, le chef du village a des pouvoirs assez étendus au plan mystico-religieux et administratif. Le « Fo » est le symbole de l’unité et de la force du peuple. Mais au plan de la communication avec les ancêtres et Dieu, c’est presque toujours le Conseil suprême de notables (le Conseil des 9) qui en a la prérogative. Les chefs bamiléké sont généralement désignés par le nom de Namtchema (lion), ou autres noms de louange tels que « mbelong », « ô dze », ou même par des entités totémiques qu’ils possèdent. Ces chefs du village, sont entourés par un certains nombres de personnes qui détiennent des pouvoirs. « Ils veillent sur le chef et sur le village, sont chargés de faire le « mauvais boulot » que d’autres ne peuvent pas faire », explique un notable.

Les masques et les interdits

Cette société secrète se retrouve aussi chez les Bassas. Les membres du « Ngué », se déplacent masqués et sont très important pour le village. Ils œuvrent comme la police et détiennent tous les secrets de celui-ci, c’est eux qui enterrent le chef à sa mort. Les femmes ne peuvent et ne doivent pas les voir, les enfants aussi. Ceux-ci ont « développé une peur des petits trous que les « Ngué » creusent pour ensevelir les corps ; ces trous sont à deux compartiments », raconte William T., Bassas. Dans ce même clan, il y a une danse appelé le « Dingo » qui traite les maladies graves. A l’aide d’incantations et des danses faites par les membres autour du malade, le patient entre en transe et va dans la brousse trouver son remède que ses ancêtres lui auront conseillé.

Dans le Sud-Ouest aussi, chez les Bakossi, comme rapporte Holle, ils y’a des danses pour les hommes et pour les femmes. « Ahon » pour les femmes et le « Muankum », pour les hommes. C’est durant certaines cérémonies qu’ils exécutent leurs pas, qui font aussi entrer les futurs membres en transe. Toujours dans le Sud-Ouest, chez les Bayangui, il y a le « bessem bonghondem ». Cette pratique est utilisée pour parler aux personnes déjà mortes. Seuls les initiés, ou « ceux ayant reçu certaines marques de leurs vivants », peuvent rentrer en contact avec les vivants pour donner leurs dernières recommandations. Faits réels ou fruits de l’imagination des uns et des autres, le Cameroun baigne dans de nombreuses pratiques traditionnelles, dans une relative ambiance de « surnaturel ».

 Errol Ngagom

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