Les populations de la capitale affluent sur le site de vente de cette liqueur situé derrière l’hôtel Hilton.

 

Rires, cris et dialecte. C’est ce que l’on perçoit de prime abord. Nous sommes «derrière Camtel » dans le centre ville de Yaoundé.  Après un peu de vin servi dans une petite calebasse pour le « goûter », la phrase qui s’en suit c’est : « sers moi». Phrase qui est prononcée à longueur de journée par les consommateurs « amoureux » de la culture du nord. « Je viens ici tous les jours pour boire du vin. Je rencontre mes frères et ça me rappelle un peu le Nord », déclare Moussa, un consommateur. La calebasse Bili-bili coûte 100 F à 200 F selon la quantité. Les clients toujours au rendez-vous, de lundi à dimanche dès 15h, ne se découragent pas d’attendre leur tour pour être servi. Debout ou assis, ils dégustent leur liqueur en discutant entre eux. C’est l’occasion pour certaines amitiés de se former.

 « Le Bili-bili est consommé par les personnes de tout âge, sauf les moins de 10 ans », explique Ahmadou, un vendeur. L’on retrouve des personnes de toutes les classes (fonctionnaires, commerçants, hommes en tenues…) venus de près ou de loin pour se rafraîchir. Les raisons sont aussi diverses que les consommateurs. « Le Bili-bili c’est du naturel et c’est nourrissant », déclare Paul Etoga, gardien au boulevard du 20 mai. Par ailleurs, Yves, un commerçant affirme : « c’est moins coûteux que la bière et le service est rapide ». Les vendeurs ayant changé pour la deuxième fois de site de vente, gardent pourtant leur clientèle intacte. «Ils étaient d’abord en face du Katios au marché central. Après les casses, ils sont allés derrière la tribune présidentielle, et maintenant ils sont derrière Camtel », explique Bernard Oboa, le président de l’association national des vendeurs ambulant (ANAVAC). Le commerce de Bili-bili a aussitôt fait d’attirer les vendeurs de nourriture et de viandes de toutes sortes.

Errol NGAGOM